Nouvelle dénomination, nouveau logo, sigle préservé : ASSOMAR élargit ses horizons pour contribuer à la valorisation des compétences congolaises et au développement intégré des transports maritimes, fluviaux, lacustres et multimodaux.
Une transformation institutionnelle tournée vers l’avenir
Le 6 décembre 2025 marque une étape déterminante dans l’histoire de notre Association.
Réunie autour de la vision « Naviguer vers la Nouvelle ASSOMAR », notre Assemblée Générale a adopté des Statuts révisés et un nouveau Règlement intérieur, consacrant l’évolution de notre organisation et l’élargissement de son champ d’intérêt professionnel.
Créée en 2011 et dotée de la personnalité juridique en 2012, ASSOMAR entend aujourd’hui contribuer plus largement au développement des activités maritimes, portuaires, fluviales, lacustres et logistiques de la République Démocratique du Congo.
Notre nouvelle dénomination, Association des Officiers de la Marine Marchande et Assimilés en République Démocratique du Congo, traduit cette ouverture.
Nous conservons notre sigle historique, ASSOMAR, ainsi que notre mémoire associative, tout en adoptant une identité visuelle renouvelée.
Cette transformation repose sur une conviction fondamentale : la modernisation du secteur des transports congolais doit s’accompagner d’une mobilisation de ses compétences nationales, dans le pays comme à l’international.
Banana : anticiper les besoins d’une nouvelle infrastructure portuaire
Le développement du port en eau profonde de Banana constitue une perspective majeure pour le commerce maritime et l’organisation logistique nationale.
Cette infrastructure doit renforcer l’accès de la République Démocratique du Congo aux échanges maritimes internationaux et ouvrir de nouvelles perspectives pour les activités portuaires et les chaînes d’approvisionnement.
Mais les infrastructures, aussi modernes soient-elles, ne peuvent produire tous leurs effets sans des professionnels qualifiés.
La navigation, le pilotage, la maintenance, le dragage, le balisage, la sécurité, la sûreté, l’inspection, la manutention et la logistique portuaire exigent des compétences spécialisées et une organisation rigoureuse.
ASSOMAR considère que la préparation de ces compétences doit précéder l’entrée en service du port.
L’identification des besoins en ressources humaines, la valorisation des qualifications acquises et la transmission de l’expérience des professionnels confirmés constituent des enjeux auxquels notre Association souhaite contribuer, dans le respect des responsabilités des autorités et des opérateurs concernés.
Lobito : saisir les perspectives de l’intégration logistique régionale
Le corridor de Lobito constitue un autre développement stratégique pour la République Démocratique du Congo.
Articulé autour du port angolais de Lobito et des réseaux de transport de l’Afrique australe, il représente une perspective de diversification des accès internationaux, notamment pour les activités économiques du sud-est congolais.
Son développement mobilise des compétences ferroviaires, routières, portuaires, douanières, logistiques et industrielles.
Il illustre l’évolution du transport international vers des systèmes de plus en plus intégrés, où les différents modes de déplacement doivent fonctionner de manière complémentaire.
Pour ASSOMAR, les perspectives offertes par Lobito appellent une attention particulière aux métiers de l’exploitation, de la maintenance, de la gestion des flux, de la traçabilité et de la sécurité des opérations.
Banana et Lobito ne représentent pas deux projets concurrents dans notre vision, mais deux possibilités complémentaires de renforcer la connectivité économique du pays.
Les corridors nationaux : relier les provinces, les marchés et les populations
Les perspectives internationales ne doivent cependant pas occulter une réalité essentielle : le développement des transports commence par la connectivité intérieure.
La République Démocratique du Congo dispose d’un territoire immense, dont l’intégration économique dépend de la continuité des réseaux routiers, ferroviaires, fluviaux et lacustres.
L’axe Banana–Boma–Matadi–Kinshasa constitue une articulation stratégique entre la façade atlantique, les installations portuaires existantes et la capitale.
Au-delà de Kinshasa, le corridor fluvial Kinshasa–Mbandaka–Kisangani représente un élément essentiel du transport de personnes et de marchandises, avec des ramifications vers les réseaux de l’Oubangui, du Kasaï et d’autres voies navigables.
Les liaisons vers le Kasaï, notamment autour d’Ilebo et des réseaux qui desservent le centre du pays, mettent en évidence l’importance de l’intermodalité entre la navigation intérieure, le chemin de fer et la route.
Plus au sud, les axes reliant les espaces économiques du Kasaï, du Grand Katanga et des zones minières illustrent la nécessité de renforcer les connexions entre les bassins de production et les débouchés nationaux et internationaux.
À l’Est, les liaisons entre Kisangani, les Kivu, le Maniema et le Tanganyika demeurent essentielles pour l’intégration territoriale, les échanges commerciaux et la circulation des personnes.
Ces corridors ne sont pas tous au même niveau de développement ou de fonctionnement. Certains nécessitent encore d’importants travaux de remise en état, de sécurisation ou de modernisation.
Notre ambition n’est pas de présenter un réseau national déjà pleinement intégré, mais de contribuer à la réflexion sur les compétences nécessaires à sa transformation.
Pour ASSOMAR, relier les territoires congolais constitue un enjeu aussi important que de les connecter aux marchés internationaux.
Le fleuve Congo et le bassin Congo–Oubangui–Sangha : un potentiel à mieux valoriser
Le fleuve Congo et ses affluents représentent un patrimoine économique et humain d’une importance exceptionnelle.
Ils constituent à la fois des voies de communication, des espaces de transport commercial, des supports d’activités locales et des instruments potentiels d’intégration régionale.
La Commission Internationale du Bassin du Congo–Oubangui–Sangha (CICOS) occupe une place importante dans cet environnement.
Créée dans le cadre d’accords interétatiques, cette institution régionale poursuit notamment deux missions majeures : la promotion de la navigation intérieure et la gestion intégrée des ressources en eau dans son espace de compétence.
Ses travaux sur la sécurité de la navigation, l’harmonisation des règles, la formation et la gestion durable des voies navigables rejoignent des préoccupations professionnelles auxquelles ASSOMAR porte un intérêt particulier.
La valorisation du réseau fluvial exige des connaissances en hydrographie, balisage, dragage, construction et entretien des unités flottantes, gestion des ports intérieurs, navigation, sécurité et protection de l’environnement.
Elle suppose aussi une amélioration continue des qualifications du personnel navigant, des équipages techniques et des professionnels intervenant à terre.
ASSOMAR souhaite contribuer à la diffusion des bonnes pratiques et à la mobilisation des compétences utiles à ces enjeux, sans se substituer à la CICOS ni aux autorités publiques compétentes.
Les Grands Lacs de l’Est : une dimension incontournable de notre vocation
La République Démocratique du Congo est également un pays de navigation lacustre.
Dans sa partie orientale, les lacs Kivu, Tanganyika, Albert et Édouard, ainsi que les espaces lacustres du sud-est tels que le lac Moero, constituent des environnements d’une grande importance pour les populations et les économies locales.
Le lac Kivu relie notamment les espaces économiques de Goma, Bukavu et des localités riveraines.
Le lac Tanganyika constitue une voie de communication internationale reliant la RDC à plusieurs pays de la région, avec des activités autour de Kalemie, Uvira et d’autres ports et points de débarquement.
Les lacs Albert et Édouard jouent également un rôle dans les activités de transport, de pêche et d’échanges transfrontaliers, dans un contexte régional présentant des enjeux particuliers de sécurité et de gestion durable.
Ces espaces ne relèvent pas tous du même bassin hydrographique ni des mêmes cadres institutionnels. Leur prise en considération doit donc respecter les compétences des organismes et autorités concernés.
Les défis sont toutefois largement comparables : sécurité des passagers, stabilité des embarcations, formation des équipages, disponibilité des équipements de sauvetage, surveillance météorologique, entretien des unités, conditions d’embarquement et de débarquement, et protection des écosystèmes.
ASSOMAR entend promouvoir une approche professionnelle qui accorde à la navigation lacustre toute l’importance qu’elle mérite.
La sécurité d’une traversée lacustre est aussi essentielle que celle d’une traversée maritime.
La modernisation de ces activités représente un enjeu de mobilité, de développement économique et de protection des vies humaines.
Une performance logistique qui dépasse les infrastructures
Les corridors performants reposent sur un ensemble de facteurs complémentaires.
Les équipements et les voies de transport sont indispensables, mais ils ne suffisent pas.
La qualité des procédures, la coordination des administrations, la fiabilité des services, les compétences des opérateurs, la disponibilité de l’information et la maîtrise des délais jouent également un rôle déterminant.
Le rapport Logistics Performance Index 2023 de la Banque mondiale rappelle l’importance de ces dimensions pour la compétitivité des chaînes logistiques.
Il souligne également les conséquences des retards dans les ports et les plateformes multimodales, ainsi que le rôle croissant de la traçabilité et de la numérisation.
Pour ASSOMAR, ces constats renforcent l’intérêt de promouvoir une approche intégrée des métiers, fondée sur la qualification, la prévention des risques et l’amélioration continue des pratiques professionnelles.
Des carrières congolaises qui franchissent les frontières
L’expérience des officiers de la marine marchande congolaise constitue un autre patrimoine à valoriser.
Au fil des décennies, des professionnels ont acquis des qualifications et exercé des responsabilités au sein de compagnies maritimes, d’entreprises industrielles et d’organisations publiques ou privées, en RDC et à l’étranger.
La Belgique, la France et le Canada figurent parmi les espaces particulièrement présents dans les parcours de formation et de travail documentés de notre communauté professionnelle.
Les Pays-Bas et les États-Unis occupent également une place importante dans les environnements maritimes, logistiques et industriels avec lesquels ASSOMAR souhaite renforcer les échanges de compétences.
Ces expériences montrent que les carrières maritimes ne se limitent pas nécessairement au commandement d’un navire.
Des officiers de navigation sont devenus dirigeants d’entreprises, responsables publics, experts de transport ou consultants.
Des ingénieurs mécaniciens ont évolué vers l’inspection technique, l’expertise maritime, la gestion des risques et la formation.
D’autres professionnels ont poursuivi leur carrière dans les opérations portuaires, la gestion des voies navigables, les programmes de développement régional, la logistique intermodale ou la transformation numérique de grandes organisations.
Ces évolutions témoignent de la capacité des formations maritimes à produire des compétences transférables à d’autres activités économiques.
La rigueur opérationnelle, la maîtrise des risques, l’encadrement des équipes et l’expérience des environnements internationaux demeurent des acquis particulièrement précieux.
L’ouverture internationale d’ASSOMAR doit permettre de mieux faire connaître ces parcours et de créer des passerelles entre l’expérience acquise à l’étranger et les besoins nationaux.
Référencer, transmettre et rapprocher les compétences
Cette ambition trouve une traduction concrète dans le développement du nouveau portail assomar.org.
Notre Association souhaite progressivement mettre en valeur ses domaines d’expertise, ses travaux institutionnels et les compétences de professionnels intervenant dans les différents secteurs concernés.
Le projet de Pool des marins et autres personnels du secteur s’inscrit dans cette perspective.
Il vise à mieux identifier les parcours et qualifications des professionnels navigants, roulants et sédentaires, ainsi que ceux des spécialistes opérant dans les activités connexes.
L’objectif est de favoriser la visibilité des compétences et, lorsque les conditions seront réunies, de faciliter des mises en relation professionnelles responsables.
Ces dispositifs ne constituent pas une garantie d’emploi, de mission ou de recrutement. Ils devront fonctionner dans le respect des habilitations professionnelles et des règles applicables.
La formation, la transmission intergénérationnelle des connaissances et la mobilisation des compétences congolaises de la diaspora seront également au cœur de cette démarche.
Une association de compétences et de solidarité
La Nouvelle ASSOMAR ne se définit pas uniquement par ses ambitions techniques.
Elle demeure une association professionnelle fondée sur la solidarité, la représentation et le respect de ses membres.
Les œuvres sociales et l’esprit d’« AIMONS-NOUS VIVANTS » rappellent que la reconnaissance des parcours, l’entraide et la solidarité entre professionnels font partie intégrante de notre identité.
La réussite d’une organisation ne se mesure pas seulement à ses projets, mais aussi à sa capacité à reconnaître les personnes qui la composent.
Notre engagement : préparer les professionnels aux transformations du pays
Banana, Lobito, les corridors nationaux, le bassin Congo–Oubangui–Sangha et les Grands Lacs de l’Est illustrent ensemble la diversité et l’importance des enjeux de transport de la République Démocratique du Congo.
Ces espaces sont distincts par leur géographie, leurs infrastructures et leurs régimes institutionnels.
Mais ils ont un besoin commun : des professionnels compétents, des organisations responsables et des systèmes de transport plus sûrs et mieux coordonnés.
ASSOMAR souhaite prendre sa part dans cette préparation, dans son rôle d’association professionnelle, d’espace d’expertise et de plateforme de valorisation des compétences.
Notre histoire nous rassemble.
Notre nouvelle identité élargit notre horizon.
Notre ouverture internationale enrichit notre expérience.
Et notre engagement envers la République Démocratique du Congo demeure notre raison d’être.
Des océans aux fleuves, des corridors aux Grands Lacs, unir les compétences pour mieux connecter la RDC.
ASSOMAR — Unir les compétences. Connecter la RDC.
Cyrille Oscar LUNGUDI
Vice-Président d’ASSOMAR a.s.b.l.
Association des Officiers de la Marine Marchande et Assimilés en République Démocratique du Congo